PIAGET ALTIPLANO Miroir, mon gentil miroir, qui est la plus fine du royaume ?
Altiplano date d’hier et d’aujourd’hui. En effet, si la célèbre collection de montre tire son dessin et ses fines courbes des montres Piaget des années 1950, son nom apparait lui à la fin des 1990. Ces dernières années, si on a crié très fort le nom de Polo, à raison puisque nous l’aimons beaucoup, j’avais envie de vous parler à nouveau de cette collection que j’aime particulièrement, montres à l’appui.
Le nom Altiplano apparait en 1998, et il faudra attendre 1999 pour le voir apparaitre dans les magazines et les divers revues de montre. Altiplano en géographie, comme son nom l’indique, fait référence aux hauts plateaux de la cordillère des Andes, à une altitude moyenne de 3800 mètres. Altiplano, chez Piaget, comme son nom ne l’indique pas, représente des pièces, rondes ou non, présentant une belle finesse. Comme vous le savez probablement, la finesse a été un développement primordial pour Piaget et ce dès la deuxième moitié des années 1950. J’aime toujours me balader dans les magazines d’époque et l’on voir déjà en 1957 des publicités présentant la référence 904 à l’épaisseur exceptionnelle totale de 4 mm. Une prouesse que l’on doit à un chiffre et une lettre : 9P. Un calibre mécanique à remontage manuel de moins de 2 mm d’épaisseur qui apparait au même moment, et rend cette aventure possible. Ça n’est qu’un commencement puisque la fin des années 1950 verra le développement, toujours avec le même esprit, du calibre automatique 12P à microrotor de 2.3 mm de diamètre.



Ces mouvements d’une grande finesse permettront la présentation de pièce d’une grande finesse et d’un grand raffinement. L’autre ouverture rendue possible par cette finesse est l’introduction rapide, au début des années 1960, des cadrans en pierre ornementale. J’entends par là malachite, lapis lazuli, jade, et d’autres pierres très variées !



Ce qui est intéressant avec Piaget, c’est que la recherche de finesse ne s’arrête pas à ces pièces là. Peu importe la collection, l’envie de proportions idéales reste dans la tête de ceux qui font tourner la manufacture, et Polo, qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, à la fin des années 1970, gardera cette idée de finesse à la fois dans le boitier et le bracelet. Aussi une certaine forme d’ergonomie qui l’accompagne.
Le nom Altiplano apparaitra donc en 1999, et le paradoxe fait que les montres Piaget du début des années 2000 seront assez à l’opposé de toute la finesse que l’on pouvait trouver dans les années que je partageais juste avant !

Nous avons eu accès à quelques Altiplano actuellement en collection, et je dois dire que cela fait un bien fou de voir de telle montre en collection, qu’il s’agisse de pièces classiques, ou de pièces plutôt “prototype”. Commençons par un petit peu d’extravagance si vous le voulez bien. Un boitier en or gris de 26 mm, un bracelet en or gris, et surtout un cadran serti de diamants, qui dévoile des petits saphirs bleus en lieu et place des index traditionnels.



On parle tout de même de 290 diamants pour habiller ce cadran. Il faut retenir les 5,6 mm d’épaisseur grâce à l’utilisation d’un fin (et simple) calibre Piaget, et le beau supplément d’âme d’un bracelet façon “rouleaux” avec de petits détails torsadés.
S’il faut bien voir une montre (ou trois) dans la collection Altiplano, il s’agit des grands classiques. Tout commence pour moi avec un modèle qui est sorti de collection aujourd’hui, de la plus grande simplicité qui soit. Un cadran argenté soleillé, des index à la finesse incroyable et doublés une fois sur deux, et seulement deux aiguilles toutes fines pour naviguer sur cet océan argenté. Évidemment un boitier en or jaune, mais aussi une belle ouverture de cadran qui permet à la montre simple de faire un petit peu plus de bruit. Il existe encore l’idée de ce modèle dans une version Altiplano Origin au divin cadran bleu nuit, mais cette fois dans une version index en applique.



En collection aujourd’hui, son pendant automatique de diamètre réduit. Un boitier en or rose de 35 mm, offrant à la pièce un vrai rapport avec les années 1960, pour une très belle finesse de 8.07 mm. Cela est permis par un calibre automatique 501P de 3,6 mm d’épaisseur. On apprécie le cadran argenté soleillé et les fins index en applique doublés à 3,6, 9 heures et midi. Dernière pièce de ma sélection, et favorite, le pendant Altiplano 40 mm mais avec petite seconde et date comme celle que je vous décrivais qui n’est plus en collection. Une pièce très intéressante par sa configuration cadran, surtout la date à neuf heures, qu’on observe pas souvent, et ici une petite seconde entre 4 et 5 heures, conjuguée à un cadran avec un peu de relief, et une teinte opaline matte du plus bel effet. Le gros supplément d’âme de cette dernière se rapporte à son calibre microrotor 1205P1 d’une épaisseur de 3 mm avec de très jolies finitions. Une âme très Piaget, finalement.

Parlons un peu de records désormais. Et dans un premier temps de ce qui est “accessible”. Avez-vous déjà entendu parler d’Altiplano Ultimate ? Le visage complexe et innovant de l’horlogerie, comme on l’aime aussi. Ce qui choque quand on prend la montre dans la main la première fois se rapporte à son poids dérisoire et son épaisseur exceptionnelle de 4,30 mm. Une montre superbe par les finitions qu’elle dévoile à travers son cadran.



Techniquement, le cadran ne représente qu’une partie de ce que vous voyez côté pile. Il se trouve excentré dans la partie haute, dévoilant un centre soleillé, un tour d’heures bleu et deux simples aiguilles argentées. Partout autour, le calibre squelette s’exprime, dévoilant roues, ponts ajourés et anglés. Aussi, le balancier bat sous nos yeux dans la partie inférieure. Vous ne le voyez peut-être pas, mais la Piaget Altiplano Ultimate est une montre mécanique (sans blague) à remontage automatique. Seulement, la masse oscillante est périphérique, et on la voit discrètement effectuer sa danse autour du mouvement côté cadran.

Laissons maintenant place à celle qui a remporté le prix de “l’aiguille d’or” au Grand Prix d’Horlogerie de Genève en 2020. La montre, présentée en 2018 lors du lors du Salon International de la Haute Horlogerie présentait une épaisseur totale de 2 mm. Au menu, boîtier incorporé au mouvement, couronne spécialement intégrée au boîtier, et une construction assez dingue du calibre constructions, notamment autour du barillet que l’on voit bien à six heures, et vous vous en doutez la répartition de l’énergie qui en provient.


Amenant cette exceptionnelle pièce à délivrer plus de 40 heures de réserve de marche, fait rare quand on parle de montres à la grande finesse. Plus qu’une pièce pour se la “raconter”, une pièce disponible à la vente et sur commande pour la modique somme de 441.000€.
Vous l’aurez compris, Piaget n’en est pas à son coup d’essai avec les montres extra-plates, et la conception de mouvements d’une grande finesse lui a permis de faire de grandes chose pendant plus de 50 ans. Si aujourd’hui (et je suis le premier à le faire) on met beaucoup en avant le travail “joaillier” de Piaget, il faut aussi garder en tête cette superbe collection Altiplano qui fait aussi indéniablement partie des domaines d’expertise et de grandes réalisations de la marque.
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